Le Ministère

Questions Orales

Vous êtes ici : Portail du gouvernement > Ministère des Petites et Moyennes Entreprises > Le Ministère > Questions Orales > Question Orale


Question Orale


Séance du 5 juin 2008

TE MANA O TE MAU MOTU
Question de Benoît KAUTAI

Monsieur le Ministre,
L'implantation des entreprises dans les Archipels éloignés est découragée par de nombreux facteurs, tous liés à l'éloignement de nos îles. Par exemple:

- le coût du fret des entreprises localisées dans les archipels est généralement supérieur à celui des entreprises localisées à Papeete et pour un même produit confectionné dans les îles ou à Papeete, la différence du prix est généralement due au fret

- le temps d'attente des marchandises entrant dans la confection du produit ralentit la productivité des entreprises

- la commission du distributeur qui confectionne et redistribue la marchandise aux clients est parfois très lourde; d'ailleurs le distributeur et le magasin calculent leur marges de bénéfice, fret inclus.

Il est très difficile pour une entreprise localisée dans les Archipels éloignés de pouvoir faire concurrence et de pouvoir se développer. Prenons l'exemple, le foire "made in Fenua", le prix du salon est le même pour tout le monde mais les entrepreneurs des archipels ont des frais considérables de déplacement, de logements et de transport des produits.

En outre, la concurrence saine entre les entreprises locales peut être rapidement déstabilisée par l'intervention d'une entreprise étrangère sur le marché.

Lorsque les produits comme les conserves de lait de coco arrivent en grande quantité, mais qu'il est impossible de connaître exactement la quantité de ces importations à cause d'une nomenclature générique, les entreprises locales ont du mal à se situer par rapport à la demande.

Monsieur le Ministre, quelles mesures prendrez-vous afin de favoriser l'implantation des entreprises dans les Archipels éloignés? et comptez-vous agir, dans un cadre interministériel avec madame la Ministre du Développement des Archipels, afin que le fret ne soit plus une pénalité pour les entreprises localisées en dehors des îles du Vent ?

Je vous remercie de votre attention.



Réponse du ministre de l'industrie, des très petites, petites et moyennes entreprises et des métiers, Mairai SUN.

Monsieur le Président de l’assemblée de la Polynésie française, Monsieur le Président du Pays, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les représentants de l’assemblée, Mesdames et Messieurs Iaorana et Kaoha nui.


En premier lieu, je tiens à remercier Monsieur le représentant Benoît Kautai du groupe « TE MANA O TE MAU MOTU » pour sa question relative au développement des entreprises dans les archipels éloignés.

Vous avez soulevé la question du coût du fret subi par les entreprises installées dans les archipels, ainsi que le problème des marges commerciales. Ces questions relèvent plus du ministère de l’économie que du ministère en charge de l’industrie et des PME. Toutefois je suis tout à fait disposé à travailler en concertation interministérielle pour apporter des solutions à ces problèmes.

Cependant, d’autres leviers existent pour aider les entreprises implantées dans les archipels. Elles peuvent bénéficier d’autres dispositifs d’aide pour leur création ou leur développement.

Je citerai en premier lieu l’ACDE, l’aide à la création et au développement des entreprises.

Ce dispositif d’aide qui existe depuis 1995 a été étendu à tous les archipels depuis 2001. Je me suis attaché à accorder une attention toute particulière aux porteurs de projets venant des îles éloignées. Ainsi, la commission d’attribution que je préside prend systématiquement en compte les frais d’acheminement des matériels vers le lieu d’exploitation en les incorporant dans les dépenses d’investissements éligibles.

A titre indicatif, le montant moyen des subventions ACDE attribuées aux entreprises des archipels ramené au nombre d’emplois prévus est en moyenne de 700 000 F CFP par entreprise, alors qu’il n’est que de 500 000 F CFP pour les entreprises des Iles du Vent.

J’ajoute que sous mon impulsion, des commissions d’attribution d’aides ACDE décentralisées vont être organisées dans chaque archipel. Elles impliqueront notamment les Tavana Hau et les maires des communes. Cette décentralisation permettra d’améliorer la rapidité du circuit de décision pour les porteurs de projet des îles.

Les entreprises des îles peuvent aussi bénéficier d’aides ponctuelles à la commercialisation de leurs produits. Vous avez cité le cas de la participation des entreprises au salon « Made in Fenua », il s’avère que pour cette année, le Service du Développement de l’Industrie et des Métiers dont j’assure la tutelle a pris en charge les coûts du stand pour quatre entreprises des archipels, ce qui leur a permis de participer au salon sans avoir à engager de frais trop importants.

Je précise qu’en outre, le service de l’artisanat traditionnel prend également en charge le coût d’acheminement des produits des artisans pour la participation aux salons d’exposition aussi bien à Tahiti qu’à l’international.

Pour ce qui concerne les dispositifs de financement, l’une de mes premières actions en qualité de ministre chargé des TPE a été de travailler en partenariat avec la Banque SOCREDO sur la modification du dispositif du micro-crédit afin de le rendre plus attractif.

Ainsi, dès le mois prochain, les porteurs de projets dont le revenu mensuel net du foyer ne dépasse pas 200 000 FCFP pourront bénéficier de prêts micro-crédits d’un montant maximal de 1 million FCFP remboursables sur 5 ans maximum avec un taux diminué à 2,75 %. Pour les porteurs de projet des îles, la refonte de ce dispositif s’avère très avantageuse car il est beaucoup moins restrictif : en effet, les porteurs de projet devaient auparavant, pour pouvoir bénéficier du micro-crédit, être affiliés au RST. En outre le montant maximal du prêt n’était que de 500 000 FCFP et le taux était de 3% par an.

J’ajoute enfin que j’ai insisté personnellement auprès de la Banque Socredo pour que les chargés de clientèle dans les îles soient proactifs et proposent systématiquement ce dispositif très avantageux aux porteurs de projet.

Toujours en matière de financement des entreprises installées dans les archipels éloignés, je souligne que le Pays, au travers de la SOFIDEP, souhaite lancer des produits financiers adaptés aux spécificités des entreprises des archipels. En effet, des produits de financement spécifiques à ces archipels existent mais il faut revoir les seuils d’éligibilité d’investissement à la baisse pour que les petits projets puissent en bénéficier (actuellement le seuil d’investissement est compris entre 5 et 10 millions de FCFP).

Afin de pallier aux défaillances des porteurs de projets et des entreprises en matière de gestion, je prévois dans les semaines à venir le lancement d’un dispositif de « coaching » ou accompagnement individualisé en faveur des porteurs de projet ou jeunes chefs d’entreprise. Ce dispositif sera opérationnel dès le second semestre 2008 et les formateurs seront incités à se déplacer dans les entreprises installées dans les îles pour leur apporter un accompagnement individualisé et ciblé en matière de gestion d’entreprise.

Enfin, j’ai pu constater que les porteurs de projet des îles n’étaient souvent pas aussi bien informés des dispositifs d’aide et de financement que les habitants de Tahiti. Pour remédier à cette disparité d’information, il nous faut organiser des tournées gouvernementales pour aller au devant de la population et les informer des dispositifs existants. Je précise à cet égard qu’une mission aux Australes est programmée du 9 au 11 juillet prochain, et qu’elle sera suivie par d’autres missions aux Marquises, aux Tuamotu-Gambier et aux Iles Sous le Vent.

Enfin, il nous faut poursuivre la déconcentration administrative en installant les services utiles aux entreprises dans les archipels, pour éviter aux chefs d’entreprise des déplacements longs et coûteux.

Je vous remercie de l’attention que vous avez porté à mon intervention.









Visitez :
www.presidence.pf


Ministère de l'industrie, des très petites, petites et moyennes entreprises et des métiers

1er étage Immeuble des affaires économiques(Fare Ute)
BP 2551
98713 Papeete - Tahiti
Polynésie française
Tél : (689) 50 86 20
Fax : (689) 50 86 22
secretariat@pme.min.gov.pf

A visiter

les autres sites institutionnels à visiter